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J'ai pensé la vie sans ombres
dans l'aire cachée d'un auvent
le temps d'apercevoir une étoile
J'ai pensé sans le voir vraiment
un monde immense et lucide
sans heurts ni frontières
J'ai dit : « Que soit le vent
que soient la houle l'écume
et le tumulte marin »
J'ai vu soudain les affres carmin
le chant chaotique des rires
et les colères tournant la terre
Une voix disait devant :
« Que sorte l'allant l'oeuvre
la graine soudaine et le geste fragile »
Mon cœur lui répondit :
« J'irai le pas devant toujours
porter la source à l'enfant refuge »
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