Cité portuaire
Pointant au large son glaive d'eau douce
la cité portuaire ouvre au ventre des navires
sa jetée commerçante dont l'arôme alizé
prodigue au marin le destin voyageur
-I- Le large
La recette
Prenez de l'eau claire
une bouffée de gros sel
plongez-y votre âme
Ajouter un azur
un bouquet d'embrun
le murmure du vent
Rangé
J'ai mis dans mes bagages
mes regards mes souvenirs
mon ire mes illusions
Je les laisse
pour être
simplement
Vivre c'est aller
Dans le ressac dans la rumeur
c'est appeler son nom
regarder le temps
toucher la rivière
pour devenir à son image
Voyage intérieur
en les mains du mystère
passage dans le vent
secours des criques
aux remous des titans
Vivre c'est aller
se tremper du large
y rencontrer le ciel
s'imprégner de cristal et de sel
Étrave
Verbe informe en avenir
l'étrave dans le flot chaotique
transperce l'onde et transporte le voeu
-II- La Tempête
Demain
Aujourd'hui
commme le vent
couvre la plaine
comme le temps
longe la route
Demain
tourneront les rivages
demain
la mer
inondera le désert
L'accalmie
Prends garde
homme
au grain
sur l'onde calme
sois vigilant
sur les profondeurs
où gîte
l'inépuisable force
éveille-toi
homme
de ton silence
empare-toi le gouvernail
Levain de l'acte
Lorsque l'on se perd
son soi
son illusion
naît
le sol
l'acte
et le sens du temps
l'huis du jour
-III- La rive
Une graine au limon
présente le voeu
Naufrage
Naufrage
au présent
pour toujours
ici
porte de la foi
dont l'amour est le jour
Sarment
Quiétude et tempête
contribuent égales
au tour du sarment
habile à bâtir
La nue
La nue rose du matin
dans son ample robe blanche
trempe ses cotons d'arômes
d'églantiers et de sapins
Les prés verts ondoient dans le vent
une graine tapie dans l'humus guette
la pluie du printemps sur ses lèvres
ouverture de son chemin de pétales |