Mon pays c’est la Terre
elle est le corps de mon corps
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La douceur
On prend le jour à l’endroit
et puis la nuit à l’envers
en pensant que c’est juste
c’est le trait salvateur
et l’ombre et le clair
qui donne sa forme au soulier
Mais avant le soulier c’est la chaussette
les montagnards le savent bien
elle est ni claire ni noire mais douce
véritable victoire au cœur de la coque
lorsque la cime a vaincu l’apparence
elle rend un pied sûr à l’humble sagesse
-I- Les hommes
Au fond de soi
Il y a tout au fond de soi
dans les racines du monde
sous le manteau des glaciers
dans l’eau sombre des torrents
des monstres endormis
de vastes créatures
d’étranges tissus
dans l’ombre tapies
des géants des cyclopes
impénétrables et tacites
guetteurs attentifs
qui soufflent la légende
L’aventure d’un regard
est un geste incrédule
Est puits le pas
qui saisit le présent
L’étoiles sans nom
La vie est une étoile sans nom
qui le trouve à donner son regard
elle n’a cure de raison ni juge
elle sème sa lumière sur le monde
L’arbre
Si la vie était un dessin sage
alors le monde serait ordre
mais hélas c’est du yaourt
du vent de l’écume du chocolat
C’est un mélange incongru
de ronces et de pétales
de bruit d’éclats de cris
c’est un être sauvage
au philosophe son commencement
coloré de pourpre à l’aube des pensées
incontrôlable intarissable et symbolique
au rêveur un refuge où tout est libre
insondable béant bondissant
ouvert impromptu rebelle
au nouveau-né simplement
son cri chaotique et rageur
qui appelle un rivage un regard un visage
ni philosophe ni rêveur
il ne cherche ni leçon ni remords
mais une présence
Présence voeu si frêle
qui tient ici le souffle
De Zanzibar à Rochechouart
De Zanzibar à Rochechouart
les hommes ont le même regard
ils puisent dans l’âme du monde
l’avide et le prodigue
dans le puits de la vie
l’envol et le nid
les regrets les conquêtes
égaux sur les vastes collines
ils cherchent en mer
le revers ou la pêche
dans le désert
l’idolâtre ou le vrai
dans le temps
l’insondable creuset
dans les étoiles un ami
de Zanzibar à Rochechouart
les hommes ont le même regard
-II- La Terre
C’est la musique des rivières
qui rend précieux le silence
Vivre ici
Irons-nous mieux mourir
dans le voile du pardon
allons-nous pour finir
triompher de l’ailleurs
a-t-on d’autre antidote
que d'y prendre racine
n'est-ce point du regard
que le mensonge s'effondre
Est-il d'autre lieux
où nous puissions vivre
Le puits
La poulie dévoile l'amour
le fleuve naît doucement
l'être vient sur cette planète
pour y faire simplement la vie
à Saint-Exupéry
Ronde planète
Incomparable beauté
d'où se dressent
les ondes d'amour
dans son ventre les âmes
chantent et pleurent sa gloire
en un bain de lumière
c'est la ronde planète
qui tend au regard
l'océan de la vie
Que savons-nous ?
Que savons-nous
contre les vents
le temps la houle
d’un seul regard
Les sirènes
Le cœur bat
comme la vague océane
les gestes coulent
comme les rivières
au réceptacle du temps
le monde vibre à l’unisson
il est entièrement vivant
l’on en fait son regard
présence
ou raison
Nul ne s’éloigne de l’ensemble
nul ne s’arrache au mouvement
sans perdre la vie
Fuites en nombre
Les ressources s’affaissent
et la mer s’assombrit
l’homme fait le navire
et son convoi la crevasse
de ses fuites en nombre
un oeil noir sur la mer
transpire le poison
que répand l’arrogance
L’homme dans ses affaires
dispose de l’eau sans égard
et son utopie d’abondance
inonde sa lèvre d’immondice
Sauveteur
Sur l’étendue de cendre
où ne répond plus que la soif
une feuille rouge une main nue
tient l’homme en réponse
L'union des hommes
Un épi de blé
se plante en son centre
c'est le cœur de la Terre
où triomphe la vie
-III- Le pays
À l'ombre
au soleil
où l'homme s’éveille
le monde voit
Ecologie
Chaque pas que tu fais contre la Terre
est le germe du malheur et de la haine
chaque pas que tu portes vers la Terre
ensemence avenir et paix
tu ne verseras pas d’immondices
tu ne gagneras pas sur le malheur
tu ne fomenteras pas la discorde
tu ne laisseras pas d’espace sans soins
chaque jour tu feras le tour du domaine
Terrien
Je suis terrien
j'en ai la foi
je ne suis ni suisse
ni chrétien ni américain
je vois dans le train
le grand mettre à bas le petit
sans qu'aucun frère ne bouge
acceptant ainsi l'avène
je suis terrien
j'en ai la foi
si de mille un ego se gave
le vivant étable
chaque fois le reprend
je suis terrien
j'en ai la foi
c'est le port unique à l'espace
sa conquête demain
en sera le génie
je suis terrien
j'en ai la foi
-V- Paysages
La belle
Le ciel est enfin bleu
et les nuages n’y peuvent rien
je me suis fait la belle
et je pardonne maintenant
Un héron
L’aube déferle ses couleurs
à la riviera de Montreux
en équilibre sur un tonneau
servant d’épave ou de bouée
un héron traque l’ablette
chaloupant son bec en épée
sur le noir profond du lac
picorant de gestes ronds
la symphonie des ondes
qui portent son esquif
Marigot
Marigot
sur la baie
l’air alizé
caresse mon front
douceur tropicale
mon ire s’apaise
Les ruelles à Madrid
Tableau teint à la multitude
de rires de plats et de verrées
la foule dans une danse ardente
s’abandonne au flot de la joie
La tour des vents
Est en la tour des vents
l’invisible goutte-à-goutte
qui remue tout de nous
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