tears

Posted on septembre 25, 2012

Saphir de sa traversée nocturne, le poème trouve son étoile dans la lumière d’une photographie ; rencontre dans l’aube, de la soie et de l’encre, piqué subtil d’ocre et de bleu sur les ébats d’Isis et Osiris.

Fruit d’un dialogue de deux ans entre le poète Robert Fred et la photographe Anthy Ioannidès, cet ouvrage est l’aboutissement d’un échange passionné entre les deux artistes, qui, chacun à leur manière, désirent exprimer le mystère de la nuit. Souvent opposés leurs deux point de vue trouvent une résonance entre le tranchant masculin du poète et la générosité féminine de la photographe.

Symbiose intuitive entre les portraits atypiques d’un univers en chute libre et la douceur d’un amour présent, ce mariage artistique propose sans jugement sa fenêtre exploratrice au lecteur.

Lieu d’édition : GENÈVE
Date de parution : 23/04/2012
Code EAN : 9782832105054

Nombre de pages : 128
Présentation : 24X21CM
1 volume(s) BROCHÉ

Évagation
Combien de regards, combien de passants, combien d’ailleurs, et de gares inconnues…

Sans toi

Fut d’or le temps que tue mon cœur trop lourd ; est mort le vent que meut ton crâne amer, sur mon amour ; est gourd mon corps, inhabité, sans voix, sans toi.

Soin mortel

Pour soigner la mort, goutte verte, goutte sucrée, le rhum amène au rhum. Ti punch, ti mal, une goutte glaive, une goutte sue.

(Mon âme se noie dans le silence.)

Il suffirait

Il suffirait de laisser entrer, sur la pelouse, un rayon de soleil, un sourire, et l’éclat du pardon.

Larcins quotidiens

Larcins quotidiens de l’amour manège, affamé de saphirs noirs, sur les quais de gare. (Russule tuméfiée, sous l’amant phalloïde.) Une main d’ivoire, sur le drap de satin, couvre l’indolence d’un lys inaccessible. (Salves du métronome, décomptées,

comme des pas dans le couloir d’un bagne.) Larcins quotidiens de l’amour manège, affamé de saphirs noirs, sur les quais de gare.

Farine de lune

Salon d’yeux, de poupées bleues, sofas soyeux, en cieux de vœux ; rubis câlins, brûlants dans l’ombre, larmes amères du mascara.

Chaleur soyeuse, parfum du narcisse, de vestibules de cuisses, et de piliers de plâtre; les ombres écrevisses, dans une aiguille de cristal, fourrent la farine cuivrée des moulins de lune.

Il faut fuir

Un, deux, trois, quatre, et hop !
Cinq, six, sept, huit, cul sec !

Neuf, dix, onze, douze… (Le clapot mord mes chevilles de calcaire.)

Ici laisse

Ici laisse, le temps, Vivaces, les blessures sur le fleuve. Ici laisse, le vent, les sacrilèges, aux runes granitiques. Ici laisse, le vin, nos soifs ultraviolettes, en étendues carboniques. Ici laissent, nos verres,
alignées sur le banc, leurs ombres insomniaques.

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Categories: Anthy Yoannidès, Éditions Slatkine, Photographie, poésie

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